Perdre haleine et découper le vent
Semelle dans le sillon durci d’une racine
tu me raconteras l’arbre au tronc percé
la lenteur des rivières amassées
quand autrefois s’arrêtait sur le perron
quand les fenêtres béaient sous les rigoles de pluie
et que les mots se faisaient sève
la décadence de l’ortie contre ta main déchue
la lourde écharde dans la rosée des chairs
l’histoire du nom de tes ancêtres dans la sécheresse du sang
l’alcôve blanchie dans la raideur du lin
Perdre haleine et ressaisir le vent
Semelle dans l’écharnière de l’inconnu
tu me conteras les preuves de l’infini
le saule vert à la penchée rêveuse
le bruit de l’eau dans la stupeur de la prairie
et puis tu me diras le râle de ton soleil
la blancheur du lit dans le coton fleuri
comment c’était de perdre haleine
et d’amasser le vent dans cet hier
semelle au vent dans le sillon durci d’une racine.
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