Samedi 4 juillet 2009

Elle voudrait bien-

Du dedans le geste est clair et simple

Il va de soi comme la rivière jusqu’à la source

Depuis la faim qui guide la bouche et puis

Le mot pour dire, le tout est là, comme …

Du dehors- la pluie ruisselle et fait des lames

Coupantes au bord de la trame, il suffirait

De tendre un doigt peut-être ou juste d’être là-

Elle voudrait bien-

A tout prendre elle sait les heures qu’il faut

La tête qui pense et les écarts qui  creusent

La vie qui file toute vitre dehors- justement

En dedans la voix se fêle pour s’interdire

Le corps se pose pour s’effacer du monde

Depuis hier jusqu’à maintenant, il suffirait

D’être à peu près dans ses habits de chair

D’habiter l’heure et puis de faire

Elle voudrait bien-

Du dehors le geste se perd en infini

Déboule dans les sillons grisés d’incertitude

Il va de soi que la rivière…..

Jusqu’à la source pour revenir, depuis la soif

Celle qui avance nos rêves dans la lumière

Et puis ce tout qui se contente d’être à venir

Du dedans le geste est là, posé, allant de soi

Comme la rivière jusqu’à la source-

Elle voudrait bien.

Par corinne pluchart - Publié dans : Chemins de vie - Communauté : Poésie contemporaine
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Samedi 16 mai 2009

Quelques traces rouges sur le tissu de lin

on ne sait pas de quelle démesure elles sont

de quelles rigoles anciennes elles tiennent leur nom.

Quelques lignes opaques gravées dans une écorce

dont on n’achève pas le geste, des signes informes

et qui n’ont pas d’autre infini que la couleur du temps.

Quelques larmes rouges sur un linceul d’effroi

des souffles heurtés qui cicatrisent une infamie

et dont on ne sait qui releva la main ensanglantée.

Quelques paroles d’amour portées dans le soleil

dont on connaît chaque rive et chaque chemin

et qui furent travesties dans les obliques des plus fidèles.

Quelques traces rouges sur un tissu de lin

une parole et quelques larmes, un seul visage

dont on ne peut plus reconnaître le regard, son souffle

dont les échos restent à jamais noués dans l’incompris.

Et cette statue de pierre au rouge livide, au blanc terreux

ces mains trouées sur le silence, la solitude du temps

le bois usé qui porte les cris muets et la parole offerte…

Quelques paroles d’amour que l’homme a égarées dans l’infini du temps.

 

Par corinne pluchart - Publié dans : Poésies - Communauté : Poésie contemporaine
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Dimanche 10 mai 2009

Il est possible que je marche. Sans horizon pour définir le temps ni même un trait de plume. Il suffira de rassembler le bleu qui s’infinise dans le pavé tranchant de l’aube. Peut-être faudra t-il aussi lever les encres indélébiles qui s’enracinent dans les nouées des arbres. Et puis la mer aussi… Dans son grisé d’indifférence quand elle se terre à l’ombre d’une pierre ou d’une merveille.

Il est possible que je prenne un raccourci, de ceux qui tétanisent le cours d’une rivière à l’entendement des sources. Que je m’éveille à l’ouest d’une pensée, la main posée sur la racine nouée d’un saule en larmes.

Il est possible que je pose mon cœur contre une fleur et que je trace le verbe dans les rigoles perdues d’une fontaine sans nom et que j’attende le chant de l’eau à l’infini du rêve.

Il est possible que je noue le ciel avec les jours et que j’invente la vie dans les galets qui poussent au bord des rives de ma rivière.

Par corinne pluchart - Publié dans : Chemins de vie - Communauté : Poésie contemporaine
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Samedi 2 mai 2009

 

Dans la fracture de l’arbre

un champ de sève et une graine

une rigole d’eau puis une feuille.

Dans ses noueuses branches

des infinis de brume et de lumière

des chuchotements infimes.

De ses racines, le chant de l’aube

et tous les mots du monde et puis…

Cet arbre là… qui ouvre le chemin.

 

Par corinne pluchart - Publié dans : Chemins de vie - Communauté : Poésie contemporaine
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Dimanche 26 avril 2009

J’ai passé le gué, puis le pont de l’épée

en vêtement de toile à souffrir

les mains à l’amarrée dénouée

la rivière coulait rouge et drue

dans l’estuaire asséché, rétréci.

 

J’ai passé le pont de l’épée,

puis l’aventureuse garde

qui bordait un chemin de granit

aux abords découpés d’imprévus

le regard éperdu , la vertèbre pliée.

 

J’ai cherché la merveille

ramassé des galets et des lettres

et jeté des énigmes sur mon front…

j’ai cherché la distance

abordé le soleil dans les pluies traversantes

et coupé l’horizon dans les brumes persistantes…

 

J’ai passé le gué. Puis le pont de l’épée.

Déjoué les merveilles et les rêves.

Effacé de l’espace les miroirs enchantés.

Puis d’un trait, j’ai tracé mon chemin.

Par corinne pluchart - Publié dans : Chemins de vie - Communauté : Poésie contemporaine
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Vendredi 24 avril 2009

C’est au bord du monde

dans la nervure d’un arbre

à la racine tordue, noueuse.

La rive opaque d’un nerf

étreint la terre d’un geste vif,

détourne sa soif et tombe.

Il n’y a pas de silence

juste un vacarme végétal

qui se perd dans la mourance

des veines et des artères.

 

C’est au bord du temps

dans l’aventure d’une âme

à la traverse blessée, pliée.

La ligne brisée du cœur

étrave la route d’un geste lent,

frissonne et puis s’affale.

Il n’y a pas de cri.

juste un silence minéral

qui s’éternise dans l’air

qui sabre le chemin.

 

C’est au bord du vif

dans le parcours d’un être

à la croisée renouée, sauvée.

La voûte solide du ciel

entrave la pluie d’un geste sûr

balaie le vent et se redresse.

Il n’y a pas de rêve

juste la vie dénouée

qui s’élance dans l’air enjoué

de ce chemin qui se retrouve.

Par corinne pluchart - Publié dans : Chemins de vie - Communauté : Poésie contemporaine
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Lundi 20 avril 2009

Elle porte l’aube à lignée de ses artères

irrigue la rive de ses deux mains liées

le regard à l’autre bord posé, serein

s’avance à la croisée d’un jour à être.

 

Elle a passé la cime ardue des ombres

bataillé par-dessus les chimères noires.

 

Elle affiche le soleil dans sa peau de lumière

brave la mort d’une étreinte d’étincelle

pour poser l’avenir à l’orée de son ventre.

 

D’un espoir, yeux ouverts, elle attend.


inspiré de "l'espoir I" de Klimt.  

Par corinne pluchart - Publié dans : Poésies - Communauté : Poésie contemporaine
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Samedi 18 avril 2009

Courant d’air à la mesure du temps

et du granit qui taille son être

à l’éraflure d’une somnolence de terre.

 

Mes veines ont dans leur eau

le plissement des voûtes et des piliers,

l’effarement des portes et des béances

que le vent porte à souffle court.

 

Je me souviens… de cette serrure

qui se perdait dans la nuit sombre

et de sa voix à l’aile monocorde,

de ces tombées de nuit dans le silence

et de ces pas qui se passaient de vivre.

 

Source de pierre en démesure

qui brave les pluies et les rivières

dans un langage de brume.

 

Mon sang charrie cette île émerveillée

qui perche son tranchant dans la lumière

et qui s’égare dans l’insondable ciel

de sable et d’eau, d’air et de granit.

 

Je me souviens… c’est là.

Cette terre qui me nourrit,

c’est là, dans l’Ouest et dans la pierre.

 

Par corinne pluchart - Publié dans : Dans les grèves du Mont - Communauté : Poésie contemporaine
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Vendredi 17 avril 2009

LA CHAISE BLEUE

 

C’est l’espoir. Bizarre. Mais l’espoir tout de même.

Un peu désolé dans sa densité éclatante.

Un peu étrange dans la solitaire brassée d’aurore qui entoure ses pieds.

Je ne sais pas comment il est arrivé là, dans l’aurore improbable d’un jour de brume, à brasser la poudre sombre qui transpire doucement, dans le chant des ailes immobiles.

Il est là.

Posé comme un diamant brut sur son tissu d’améthyste.

Il éclate de luminosité. Peut-être trop d’ailleurs.

Comment vais-je pouvoir m’en saisir, sans me brûler dans ses vapeurs rayonnantes ?

Mais je suis trop pressée. Il faut que je me souvienne.

 

Avant. Qu’y avait-il ?

 

A peine un éclat me semble t-il…même pas. Une nuit d’encre qui tombait à grosse averse pour s’écraser dans l’isolement du sol désert et sans vie.

Oui, c’était comme cela avant. Rien.

Enfin pas grand-chose.

 

Mais il est là. L’espoir.

Solide dans son échancrure d’immensité fraîche. Solide mais éloigné encore. Non… pas vraiment.

Pas quand je regarde l’intégralité de l’espace ouvert.

Il ne bougera pas, attaché comme il est par ses quatre piliers.

 Il ne peut pas.

La clarté naissante des ciels à venir retiendra son envie de disparaître.

C’est sûr.

Posé là, dans la robe malachite des herbes d’espérance, il brillera encore dans l’été ravagé par le jaune des graminées.

 

09 mars 2009

Par corinne pluchart - Publié dans : Chemins de vie - Communauté : Poésie contemporaine
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Jeudi 26 mars 2009

Au pourpre évènement

qui scie l’arbre à rêves

j’étreins le vide lancinant

des racines effarées.

J’étais- Puis disparue depuis.

Dans l’empierrement de ces indifférences

qui font des coulures d’eau

le long de la vertèbre.

Celle qui tient les rives où les revers se font fossiles.

Dans la déroute des catastrophes

Je suis.

Par corinne pluchart - Publié dans : Chemins de vie - Communauté : Poésie contemporaine
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