Tu diras du visage. Et de l’autre.
Insaisissable et transparent, d’une lisseur de marbre.
Et puis non.
D’un mot fatigué de se taire, tu puiseras l’ange à la courbure de
l’iris.
Et cet autre.
Nécessité de solitude à l’inverse d’un manque à
transparaître.
D’un comble à contourner le souffle.
Du visage, de la chair autour et de ses traces denses sillonnées de
douceur,
Tu diras.
De cette absence épaisse aux confins de ton espace.
Du regard disparu se poser loin de ton monde.
Les choses.
Et du cœur qui transpire dans l’étreinte d’un froid. Distendu jusqu’à l’extrême
présence du vide.
Il t’a aimé.
Et de l’autre, tu diras son visage et l’amour disloqué dans le
temps.
Par corinne pluchart
-
Publié dans : Poésies
-
0
-
Recommander
Dimanche 15 novembre 2009
Extrême sourire tiré du coin de l’œil.
Iris calme porté sur la descente du lit.
Le tapis n’a pas bougé d’un ciel, la fenêtre de brume refuse de sommer le soleil.
Les cailloux reposent sur le vieux marbre, se refusent au jeu.La vierge prie dans l’âpreté immobile du silence
et les lignes cabrées dans le noir et blanc restent muettes.
Les choses du matin, parfois, ont l’indécence d’être éclatantes et brutales, juste avant de retourner à
l’ordinaire du jour.
Par corinne pluchart
-
Publié dans : Poésies
-
9
-
Recommander
Traversée de lumière, voutes pliées sous le joug du granit.
Et l’élancement du temps au travers des croisées.
La suspension du vent dans les rigoles du jardin, pour laisser au pourpre une chandelle de
lumière.
Le lent murmure des silencieux à la prière des autels.
La croix percée de doutes à la décombre d’un vitrail.
L’apparat gris jeté contre le nord sous l’œil perçant de l’isolée, l’écho muet de l’ineffable
antan.
Les signes tracés dans l’air dans l’incessant bruissement de lèvres, les robes raidies dans l’insistance du
froid.
Les cheminements tremblants qui souffrent à la croisée de l’oraison, dans le désert blessé de
l’Aquilon.
L’obscur désir de pierre tressé dans le couvert de l’est à l’assoiffée démantelée de la rivière.
La flèche perclue d’absence dans la démence désincarnée de tous les horizons.
Les pierres qui taisent leurs noms de démesure.
Et dans un cri, l’attente le long des rives grisées de sel…
L’attente et l’indicible mer à l’arrivée du ciel.
Par corinne pluchart
-
Publié dans : Dans les grèves du Mont
-
1
-
Recommander
Démantèlement du
temps.
L’effleurement d’un prénom rangé dans l’âpreté du
renoncement.
On n’en finit pas de remettre l’envers à la trame
du chemin.
Il ne fait pas plus gris qu’hier, juste le plomb
au dessus du cœur en tressaillement.
Un ciel à ramasser la cuillère jetée de l’autre
côté,
au plus près de l’île que l’on n’atteindra pas
encore.
Rester sur la rive et s’arranger de l’aube à
peine ouverte.
Ce soir peut-être, il fera ciel à la tranchée de
la journée.
Par corinne pluchart
-
Publié dans : Poésies
-
3
-
Recommander
Mercredi 30 septembre 2009
C'est soir encore à la fenêtre.
Dépendre le soleil d'entre les arbres, défaire le vent d'entre les courbes
et puis fermer le jour pour entamer la nuit...
Avant de se poser dans l'arrêté d'un souvenir qui ne ferait ni mal ni manque.
Chercher à s'approcher de ce silence qui recompose le coeur.
Mais pas si loin, ni même trop près.
De peur de se cogner d'un cri le long d'une solitude sans rêve.
Apre et désertique.
C'est soir bientôt à l'entr'ouvert du ciel qui se défait de sa lumière.
Et solitude à la plongée du coeur.
Par corinne pluchart
-
Publié dans : Poésies
-
4
-
Recommander
Mercredi 23 septembre 2009
La pluie est grise. Silencieuse à la tombée du ciel. presque moite. Comme si le
soleil l’avait prise à part pour la sermonner.
C’est septembre.
À peine l’automne au glas d’été qui s’évapore dans la
rivière.
Elle glisse lentement, s’efforce de s’enfoncer au sol. La terre refuse cette
couleur et se replie dans sa monochromie.
La pluie se grise d’écarquiller la route qui file à
l’horizon.
Silencieusement.
Jusqu’à l’oubli du monde.
Par corinne pluchart
-
Publié dans : Poésies
-
6
-
Recommander
Il ne fera pas lune, ni même tombée de jour, à peine un noir
d’encre
par-dessus la persienne de la journée.
Le temps n’a pas filé d’échardes, j’ai regardé par la
fenêtre.
Du bleu.
Un soupçon d’air passant dans la travée des heures
les herbes pliant sous l’étincelle du vent.
Il ne fera pas temps de dire qu’hier encore il faisait
sombre.
C’était il y a longtemps à peine, cette déroute des soirs
qui se précipitaient dans l’immobilité exsangue d’une
solitude.
Il ne fera pas lune et même…ce jour il a fait bleu jusque dans les
veines.
Par corinne pluchart
-
Publié dans : Chemins de vie
-
1
-
Recommander
Dimanche 6 septembre 2009
Je n'imagine pas me poser là.
Simplement dans les eaux me relier
avec à la chevelure une corde à pleurer
juste pour écarteler un mot que tu n'aurais pas dit.
D'ailleurs, que reste t-il dans ces lignes noir et blanc?
Je ne sais rien du mystère de nos mains
hormis cette infinité de mondes visités,
hormis ces poussières ramenées dans nos poches
quand la peau ne voulait pas mourir avec nous.
Je n'imagine pas revenir à l'instant,
m'appuyer sur ce mur et oser expirer avec le coeur-
il est trop loin cet instant de chemin de lumière
pour qu'un pas de saison y convoite un écrin.
Je resterai là. Empruntée parfois de souvenirs
à couler des rivières , tronc plié dans la grève et le sable.
Parfois seulement.
Je n'imagine plus que ce fut notre temps
et ce qu'il aurait pu pour approcher le soleil.
Par corinne pluchart
-
Publié dans : Chemins de vie
-
0
-
Recommander
Mercredi 2 septembre 2009
Elle est tombée dans l'insondable monde
miroitement d'argent et d'ombre.
Qui lui dira la source au bras levé?
Par corinne pluchart
-
Publié dans : Petits formats
-
1
-
Recommander